Introspection

Parmi les questions qui me taraudent encore quelquefois, parce que la dépression garde une part de mystère effrayante, il reste celle de savoir pourquoi. Pourquoi suis-je "entré", que dis-je, tombé en dépression il y a environ 7 ans ?

 

Je garde certaines réponses pour moi mais il est une raison qui pourrait me faire retomber, ou tout du moins m'empêcher d'avancer, c'est celle du travail. Je m'explique.

 

Depuis toute petite, mes parents, mon père, me rabâchaient que le plus important dans la vie c'est le travail, qu'il fallait tout faire pour avoir un travail, faire vivre sa famille, etc. Evidemment, je suis d'accord avec ça. C'est tellement ancré en moi qu'il serait impossible d'en faire sortir cette idée. Même au burin et au marteau, soyez gentils de ne pas essayer.

 

Du coup, lorsque j'en suis arrivée à me lever le matin en pleurant rien qu'à l'idée d'aller au travail, parce que cette idée me pétrifiait, parce que je me liquéfiais littéralement, j'ai perdu une de mes raisons de vivre. Une des raisons fondamentales qui faisaient que ma vie avait un sens. Et là où c'était encore plus difficile, c'est que j'avais donné naissance à un adorable bébé dont la présence à elle-seule aurait dû suffire à me donner une raison de vivre. Tout du moins, c'est ce que la société nous renvoie comme image. Et il est vrai que je n'ai jamais ressenti de bouffée d'amour aussi forte que lorsque Thibault est né et que je l'ai tenu pour la première fois.

 

Du coup, je me retrouvais, totalement perdue, avec un désamour, un rejet du travail, qui a été le moteur de tant d'années de vie : les études, le concours, le fait que je n'ai jamais quitté le parcours scolaire puisque je suis devenue prof. Je haïssais ce pour quoi je pensais être faite à vie. Alors forcément, si je n'étais plus capable d'accomplir ce travail que j'avais tant voulu, celui que je pensais sincèrement être fait pour moi, celui que j'appelais vocation, qu'allais-je bien pouvoir faire de ma peau ?!

 

On peut dire que cette rupture a été à la fois cause et symptôme de la dépression qui a été déclenchée, j'en suis persuadée, par un autre évènement, tiers encore que celui de la venue de bébé à l'époque.

 

Et aujourd'hui encore, je suis hyper sensible au sujet du travail. Parce que, connement diront probablement certains, je m'imagine que ma seule valeur vient du travail que j'accomplis. Et si je n'accomplis pas bien ce travail, ou si je suis attaquée sur ce sujet, je me sens totalement nulle. J'ai l'impression de n'avoir aucune valeur. Aussi simple que ça.

 

Pour un peu que je m'enfonce toute seule en prétendant que je n'ai pas de légitimité faute de diplôme correspondant, d'expérience assez longue, ni même 5 pattes, alors c'est la fin des haricots.



21/08/2014
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